Offre de post-doc: Modélisation des eaux souterraines pour soutenir une gestion durable de l’eau et prévenir les conflits d’usage dans la tourbière de Lanoraie (Québec, Canada)

Projet de recherche postdoctorale (pdf version française)
Postdoctoral research project (english version pdf)

Au cours des 70 dernières années, le complexe de la tourbière de Lanoraie, situé au nord-est de Montréal (Canada), a subi d’importantes transformations, notamment le drainage de la tourbe, le pompage des eaux souterraines pour l’irrigation, et l’envahissement par la végétation ligneuse. Ces changements ont intensifié les conflits d’usages de l’eau entre l’approvisionnement en eau potable, l’irrigation agricole et la conservation des milieux humides. Les changements climatiques, en particulier la fréquence accrue des sécheresses estivales, ont aggravé ces tensions, et plusieurs indices laissent croire que la région a atteint ou approche sa capacité hydrologique maximale. Les défis liés à la résolution de ces conflits d’usage croissants dans la région de Lanoraie sont liés à la rareté des données hydrologiques, à la complexité des interactions entre les écoulements de surface, souterrains et ceux au sein de la tourbe, ainsi qu’au manque de connaissances sur les seuils critiques, les points de bascule et l’inertie du système. Ces enjeux sont amplifiés par les incertitudes entourant les scénarios futurs d’utilisation agricole et de climat.

L’objectif de ce projet postdoctoral est de faire progresser les connaissances sur la gestion des ressources en eau et la conservation des terres dans la région de Lanoraie, tout en développant un cadre de modélisation hydrogéologique applicable à d’autres contextes de tourbières situées en climat froid et humide. Ce cadre pourra prendre la forme d’une chaîne de modélisation ou d’un modèle entièrement couplé, et devra permettre de quantifier la disponibilité en eau pour l’ensemble des usages. Le projet vise à 1) caractériser et quantifier les dynamiques hydrologiques et hydrogéologiques impliquant les cours d’eau, les tourbières et l’aquifère sableux sous-jacent, 2) évaluer les impacts des changements de végétation, des usages de l’eau et de la variabilité climatique sur les débits et les niveaux d’eau souterraine, et analyser le potentiel des solutions fondées sur la nature pour atténuer ces effets et 3) identifier des indicateurs hydrologiques et des points de contrôle permettant de déterminer à partir de quand l’utilisation de l’eau devient non durable. Développé dans l’environnement collaboratif de la Chaire de recherche sur l’eau et la conservation du territoire, ce projet de recherche générera des connaissances transférables pour soutenir une gouvernance durable de l’eau dans les milieux humides confrontés à des conflits d’usage.

Prérequis : Doctorat en sciences hydrologiques ou dans un domaine connexe ; solides compétences en modélisation et en calcul scientifique, avec une expérience antérieure en modélisation des eaux souterraines dans des environnements complexes ; capacité démontrée à publier des recherches originales dans des revues scientifiques internationales ; intérêt pour l’encadrement d’étudiant·e·s. La maîtrise du français est un atout, mais n’est pas obligatoire.

Résultats attendus : Publication d’au moins trois articles scientifiques évalués par les pairs, participation à des conférences, collaboration avec une équipe de recherche dynamique et reconnue, et développement d’un réseau professionnel dans le milieu académique et auprès de différentes administrations.

Salaire : CAD 70 000 $/an
Durée : Deux ans, à temps plein, début dès que possible en 2025
Encadrement : Marie Larocque, spécialiste des eaux souterraines et professeure au Département des sciences de la Terre et de l’atmosphère, UQAM (Montréal, Canada) (larocque.marie@uqam.ca) et Emmanuel Dubois, spécialiste des eaux souterraines et chercheur sous octroi au même département des sciences de la Terre et de l’atmosphère, UQAM (Montréal, Canada) (dubois.emmanuel@uqam.ca)

Candidature par courriel incluant :

  • Une lettre de motivation
  • Un CV complet
  • Les relevés de notes des diplômes de baccalauréat, maîtrise et doctorat
  • Les coordonnées de deux personnes références
  • Une sélection de maximum trois articles scientifiques rédigés ou co-rédigés, accompagnée d’une brève présentation de la contribution scientifique et du rôle joué dans le processus de rédaction